LE SOMMEIL CHEZ L’ENFANT ET L’ADOLESCENT, GÉNÉRALITÉS

Il est dit que nous passerons un tiers de notre vie d'adulte à dormir. Le nouveau-né y passe les deux tiers de son temps et l'enfant la moitié.Il ne s’agit pas de tuer le temps quand il fait noir ni de le perdre. Le sommeil est crucial pour le bien-être physique et psychique, la croissance, le métabolisme, les défenses immunitaires, les apprentissages, la gestion des émotions et des bons comportements, etc … Or qui a plus besoin de grandir et d'apprendre qu’un  jeune enfant. Il n’y a rien de plus naturel que le sommeil et aucun sommeil n’est plus profond que celui d’un enfant. Néanmoins c'est à nous de lui offrir les conditions de sommeil idéales. Le sommeil c’est du sur-mesure : il faut apprendre à reconnaître et à respecter le besoin de sommeil de chacun de vos enfants. Pour cela, vous trouverez ici quelques explications sur le fonctionnement du sommeil, quelques règles à respecter et des conseils à mettre en place.

Le besoin de sommeil varie en fonction de son âge 

Sur une journée de 24 heures, un nouveau-né dort les 2/3 du temps ; un élève de maternelle dort la moitié du temps et un collégien doit dormir 10 heures. L’heure du coucher doit donc être adaptée aux contraintes sociales (école, garderie, nounou) pour lui permettre de dormir suffisamment longtemps pour récupérer. Les siestes sont souvent nécessaires jusqu’à l’entrée en primaire.

Dans une même tranche d’âge, tous les enfants n’ont pas les mêmes besoins

Certains sont de petits dormeurs et d’autres sont de longs dormeurs. Ils le resteront à l’âge adulte. Les longs dormeurs auront longtemps besoin d’une sieste. Si on oblige les courts dormeurs à faire des siestes, ils ne dorment plus la nuit

L’endormissement sera d’autant plus rapide que l’heure du coucher respecte son chronotype. 

Ce chronotype est programmé par l’horloge interne qui contrôle nos rythmes biologiques. Certains enfants sont des couche-tôt-lève-tôt. D’autres enfants sont des couche-tards, mais ce trait se renforce surtout à la fin de l’adolescence.

Donc toute la famille ne peut pas suivre le même rythme. Le petit dernier ne peut pas attendre que papa/maman rentrent tard du travail pour lire l’histoire avant d’aller dormir.

L’horloge biologique ne change pas d’heure tous les week-ends

Votre petit dernier ne peut pas suivre votre rythme ni celui de ses aînés. Pour lui, semaine ou WE, école ou pas, il doit être couché à la même heure. En revanche quand il n’a pas classe il peut faire la grasse matinée.

Votre ado sort le WE. Privilégier le vendredi soir car il ne doit pas faire la grasse matinée dimanche matin, ni la sieste dimanche après-midi, au risque de ne pas dormi dimanche soir et de commencer la semaine en privation de sommeil

L’horloge biologique se règle avant 6 mois et se dérègle à l’adolescence

Jusqu’à 3 mois, les enfants s’endorment en sommeil agité (ou sommeil paradoxal) ce qui serait tout à fait anormal pour un adolescent ou un adulte (Cf. chapitre narcolepsie). Un cycle dure 60 minutes et ils réveillent toutes les 3-4 heures

A partir de 3 mois ils s’endorment en sommeil lent, comme les adultes  et entre 3 et 6 mois on voit apparaître les mêmes figures physiologiques du sommeil (Cf. figures physiologiques du sommeil)

A 6 mois, et souvent avant, ils sont en général tous synchronisés sur le rythme de la famille.

BON A SAVOIR  si votre enfant ne fait pas ses nuits, il faut renforcer les habitudes qui vont le synchroniser. On les appelle les donneurs de temps (l’alimentation, la lumière, le jeu, le bruit) 

Un enfant doit s’endormir et se rendormir seul

Pour un tout petit ça veut dire sans vous. Un enfant qui s’endort dans les bras ou dans le lit de ses parents ne comprend pas pourquoi il est seul la première fois qu’il se réveille et il pleure.

Un enfant pleure et bouge la nuit. Si vous allez le voir dès qu’il pleure, vous le réveillez vraiment et si il vous a pour lui tout seul en plein milieu de la nuit, il en est ravi. Il faut limiter les interactions.

BON A SAVOIR : il est important d’établir un rituel du coucher, un moment privilégié avec l’enfant (lecture, berceuse) mais il faut savoir quitter la pièce avant qu’il ne soit endormi. Mais si vous avez pris un mauvais départ (ou après qu’il ait été malade et qu’il ait dormi avec vous), pas de panique. Il existe des techniques dites d'extinction progressive.

Pour un ado, ça veut dire sans sa tablette, son téléphone, et sans cannabis etc …

La journée on interagit, la nuit on déconnecte

La nuit on dort dans sa chambre, dans le noir. La journée on fait la sieste dans une autre pièce ou dans la chambre avec volets ouverts ou demi-fermés

L’allaitement ou le biberon de la journée s’accompagnent de lumière, de sourires, de câlins, de jeux. La nuit vous le nourrissez dans la pénombre puis vous partez

De même le change de la nuit qui doit être différent de celui de la journée.

Après 3 mois, il n’y a plus de raison de donner un biberon la nuit. Un enfant qui pleure n’a pas toujours faim. Un enfant qu’on alimente la nuit dort moins. Il présente plus de risques d’obésité, de reflux gastro-œsophagien, d’allergies, de mort subite.


Pour un adolescent, ça veut dire « déconnexion » numérique, pas de téléphone, pas de réseaux sociaux 30 minutes avant le coucher. L’être humain vit la journée et dort la nuit selon la luminosité. Ce rythme est entretenu par la sécrétion de mélatonine. Les écrans perturbent ce rythme de la mélatonine.

Idéalement la chambre est plongée dans l’obscurité. Pour un ado, ça veut dire des volets aux fenêtres, pas de radio-réveil lumineux, pas de veilleuse. Les appareils électriques sont éteints, pas seulement mis en veille.


BON A SAVOIR : si votre enfant a l’âge d’avoir peur du noir, il peut bien sur dormir avec une veilleuse mais elle doit se trouver à l’autre bout de la chambre, loin de ses yeux.


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